Pensée bayésienne, croyance dimensionnelle et OVNIs

L’avantage de l’homme sur la machine

Ce qui fait que l’homme est encore a bien des égards supérieur à la machine purement algorithmique, c’est la capacité du cerveau a travailler sur la base d’informations partielles ou dégradées.
La ou les algorithmes de machin learning ont besoin de quantités énormes d’informations pour apprendre des trucs que font depuis des centaines de milliers d’années les plus primaires de nos aires cérébrales de traitement de l’information, le cerveau humain, lui, tire le meilleur parti de chaque information dont il dispose. Cela le rend redoutablement efficace pour déduire des choses sur le monde qu’il ignore, en s’en construisant des représentations mentales, des choses qu’il va tenir pour vraies.

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A ma connaissance, il n’existe encore aucun algorithme capable de comprendre le deuxième point sur le tee shirt à partir de cette seule image. Enfin, ca serait pas difficile d’en programmer un pour ca, mais l’algo serait programmé spécialement pour ce genre de tâche, ca serait la fonction de cette intelligence la.
Je reformule: il n’existe pas actuellement d’IA généraliste qui soit capable d’analyser un grand nombre de données, et qui soit capable d’en retirer toutes les informations utiles pour faire des trucs variés avec. Actuellement, les IA sont débiles. L’intelligence artificielle de niveau humain n’existe pas. 

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Apprendre, c’est tirer des enseignements de ses erreurs

L’une des choses qui rend le cerveau humain si merveilleusement complexe et précis dans sa capacité à observer, analyser et prédire le réel, c’est sa manière de fonctionner par inférences, et a apprendre de ses erreurs.
On dit souvent que celui qui tombe mais se relève a plus de valeur que celui qui n’est jamais tombé. J’ajouterais, dans la même veine, que l’on n’apprend que de ses erreurs, pas de ses réussites.

« Trompe toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile. N’attend rien que de toi, parce que tu es sacré, parce que tu es envie. Parce que l’important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être » (Fauve, Blizzard)

Aussi, plutôt que de chercher à être parfait, d’être découragé par la complexité d’une tâche dont on voudrait qu’elle soit parfaite, pour au final ne rien faire du tout, mieux vaut crée des choses moyennes. Et c’est précisément ce que je fais sur ce blog. Je me dis que si je suis moi même intéressé par ce que je dis, il est possible que ça intéresse d’autre gens. Je transmet, c’est ce que j’appelle la mémétisation. Le contraire de la mémétisation consiste à emporter des choses dans sa tombe. Bref.

On passe une bonne partie de notre temps à se tromper. Quand l’enfant naît, il a encore beaucoup de choses a apprendre pour se forger une représentation cohérente de la réalité, de lui même et des autres.
Ainsi l’enfant apprend progressivement la permanence de l’objet, que lui et le reste du monde sont deux choses différentes, il apprend qu’il n’est pas le créateur causal des événements agréables qui lui arrivent. C’est chiant, c’est désagréable, mais la résistance du réel finit par construire dans l’esprit de l’enfant une représentation à force d’erreurs d’inférences et d’ajustements.

A force de voir le soleil se lever tous les matins, on finit par trouver ça normal, et par considérer que statistiquement, il est fort probable que le soleil continue à se lever le jour d’après.
Imaginez si un jour le soleil ne se lève pas, comme cela serait terrifiant. Parce que cela remettra en cause notre inférence selon lequel il est supposé se lever, et en définitive ça remet en cause la qualité de notre modèle qui, dans notre tête, se représente en permanence le monde et son évolution. C’est notre réalité elle même qui s’effondre, et tout est alors potentiellement remis en question. C’est terriblement anxiogène, car quels sont alors mes repères? Comment savoir si je serais encore vivant et en sécurité demain?

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La pensée bayésienne: la loi mathématique de la pensée rationnelle

Le truc, c’est que la qualité de notre intuition est proportionnelle à la quantité de nos connaissances, de nos expérience, et de notre intelligence. Ainsi, quand on n’a jamais appris a penser avec méthode, il est aisé de fonctionner avec de très mauvaises habitudes. Fort heureusement, il existe des précautions d’hygiène mentale à mettre en place afin d’améliorer la qualité de nos déductions, face à certains phénomènes.

Pour les paresseux, au pire regardez que la 2e vidéo, qui est la plus intéressante dans le contexte de cet article:

En réalité on ne croit jamais de manière catégorielle (« oui », « non ») à quelque chose. On croit toujours de manière dimensionnelle, plus ou moins, c’est à dire en allant d’un peu plus de 0% a un peu moins de 100%.
Si je pose la question « croyez vous que les soucoupes volantes existent? » il serait imprécis de répondre « oui » ou « non », il serait plus juste de répondre sur un continuum dimensionnel allant de 0 a 100%, afin de situer « a quel point » on y croit ou on n’y croit pas.

« Dire que l’on croit quelque chose,
c’est en fait dire que l’on tient cette chose pour probablement vraie. »

Le truc c’est qu’on est parfois de très mauvais bayésiens, comme le montre la première vidéo.

Notons d’ailleurs que placer le curseur à 0% ou a 100% revient à avoir une démarche irrationnelle car alors on ne peut plus tenir compte des faits pour ajuster notre croyance en fonction des données que l’on acquiert. 
Si je crois à 0% que Dieu existe, alors aucun fait ne pourra me faire changer d’avis sur la question même si une preuve extraordinaire m’est apportée, par exemple si Dieu arrive devant moi et me parle. C’est irrationnel.
Si je crois à 100% que les schtroumpfs ou les dragons existent (ce qui est extraordinaire puisque fort peu consensuel. Je n’ai jamais rencontré personne qui croyait même un tout petit peu aux schtroumpfs), alors j’y croirai toujours peu importe que je n’ai jamais aucune raison d’étayer cette croyance. C’est irrationnel.

Ainsi, il convient plutôt quand on est convaincu d’un truc de considérer qu’on y croit par exemple à 99,99%, mais pas à 100% (ce qui serait irrationnel)
Idem quand on est convaincu de la fausseté d’un truc: on y croit à 00,01%, mais pas à 0%, parce qu’on reste prêt à changer d’avis si on nous apporte des preuves qui vont nous faire évoluer dans ce que l’on tient pour vrai.

 

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Croyance rationnelle ou irrationnelle?

La notion de faux positif est très intéressante, car elle explique pourquoi l’on considère  comme vrai des choses qui pourtant sont fausses, notamment en se basant sur des témoignages plutôt que sur des preuves, en particulier sa propre expérience subjective de vie comme témoignage influençant nos croyances.

Cf la 2e vidéo, a partir de 7min50.

Que les OVNI existent ou pas, il y aura dans tous les cas beaucoup de témoignages d’OVNI. C’est ce qu’illustre l’hypothèse socio-psychologique. Cette vidéo montre aussi pourquoi il est extrêmement difficile de changer d’avis, c’est à dire de remettre en question une croyance à laquelle on adhère très fortement (à laquelle on est émotionnellement très attachés, entraînant des trucs chiants comme l’effet retour de flamme)

Il y a un autre passage intéressant vers 12 minutes. Etre rationnel, cela consiste à éviter de seulement tenir des arguments qui vont dans notre sens, et négliger tout le reste. C’est considérer tous les arguments. Car les arguments en face sont souvent de bons arguments aussi.

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Le problème de la perception consciente c’est qu’elle dirige notre attention sur des stimulus précis, et elle occulte tout le reste de ce que l’on perçoit avec nos sens.
Ainsi pendant qu’on conduit, si on s’aperçoit qu’une araignée est dans la voiture, et qu’on est arachnophobe, on risque d’avoir notre attention accaparée par ce stimulus et d’oublier la route au risque d’avoir un accident.

Dans le même genre, amusez vous a compter le nombre de passes effectué par l’équipe des maillots blancs (c’est pas si facile):

Le mécanisme de l’attention sélective fait que quand on est concentré à compter le nombre de passes, on ne perçoit même pas l’arrivée du gorille qui pourtant tambourine sur son torse en plein milieu de la scène.

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Ainsi, pour ceux qui (et je ne doute pas qu’ils seront nombreux) auront eu la flemme de regarder les vidéos au dessus, je pose deux questions:

Au vu de tous les témoignages que l’on a rapporté sur les OVNIS, quelle est la probabilité que des extraterrestres nous aient visités sur terre? Trouvez-vous qu’elle soit élevée? Bien.
Maintenant, au vu de tous les témoignages que l’on a rapporté sur les OVNIS, quelle est la probabilité pour qu’aucun extraterrestre ne nous ait visité sur terre, et que l’hypothèse socio psychologique soit plus économique et tout aussi acceptable? Elle est elle-aussi très élevée, n’est-ce pas? C’est la qu’on se rend compte que l’adhésion à l’une ou l’autre de ces conclusions est davantage idéologique que rationnelle.

J’entend souvent des gens vanter les mérites de l’esprit critique, de la zététique, de la méthode scientifique, mais sans pour autant les appliquer dans leur propre vie, sans pour autant même parfois les avoir compris.
On vante la méthode scientifique mais sauriez vous, cher lecteur, expliquer ce qu’elle est, et pourquoi elle est une méthode efficace pour améliorer notre connaissance du réel?

Moi même je serais probablement en difficulté pour l’expliquer avec simplicité. C’est aussi une bonne occasion de faire preuve d’humilité et de s’intéresser à pourquoi l’on croit ce que l’on croit, et à quel point on y croit. C’est ç dire avoir une démarche épistémologique, évaluer la solidité de nos croyances et comprendre ce sur quoi elles reposent.

Par exemple, croyez vous que la terre est ronde? Si oui, savez vous sur la base de quelles preuves tenez vous cela pour vrai? Sauriez vous prouver que la terre est ronde à quelqu’un, sans internet, juste avec vos connaissances et votre logique ? Pas si simple…

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