Pourquoi Thanos est à côté de la plaque et pourquoi les Avengers le sont aussi: Dépasser le mythe de la violence légitime avec la CNV

Evidemment, cet article contient des spoilers des films Avengers Infinity War et Endgame. Du coup, si c’est important pour vous de voir les films avant d’être informé de leur contenu, ne lisez pas la suite. Sinon, bah, on y va.

Ca faisait longtemps que je voulais parler de la méthode à laquelle ont systématiquement recours « les gentils » dans les films hollywoodiens pour résoudre les problèmes: la violence destructrice, le meurtre et, de manière générale, la coercition sacrificielle. Avengers n’est que le dernier exemple en date, car 99% des films sont organisés autour de la même structure narrative: Le méchant est intrinsèquement méchant et veut faire des bêtises, les gentils sont intrinsèquement gentils donc ils neutralisent le méchant par la violence et à la fin ce sont les gentils qui gagnent le conflit.
Autrement dit, c’est toujours un conflit mimétique qui est mis en scène dans cette structure: des besoins communs, des stratégies divergentes, une incapacité à coopérer, un rapport de force, un dominant et un soumis.

L’originalité de Avengers c’est qu’ils nous font croire à la fin d’Infinity War que, pour une fois, c’est le méchant qui gagne. C’est ce qui lui a probablement fait une publicité monstrueuse (bien que sur les 1 milliard de budget pour les deux derniers Avengers, près de 500 millions de ce budget est utilisé pour faire la promotion des films. Ce qui s’explique par le fait qu’une recette de 2 milliards de dollars à été perçue pour Infinity War. On peut s’attendre à une recette équivalente pour Endgame… bref, la publicité, c’est rentable). Bref, entrons dans le vif du sujet.

 

Pourquoi Thanos est à côté de la plaque

On dit souvent que l’intelligence des personnages d’une oeuvre est bornée à l’intelligence de l’auteur. Et il est en effet très difficile de mettre en scène des personnages plus intelligents que soi. L’analogie que prend Thibault dans sa conférence, c’est d’imaginer des enfants de 8 ans mettre en scène dans un texte des génies de 50 ans. Ça serait sans doute assez éloigné de ce que pourraient être de vrais génies de 50 ans. Car les enfants qui écrivent n’ont pas l’expérience de vie et le recul permettant de se représenter le fonctionnement de tels êtres. Ils ne peuvent donc que projeter à partir de leurs maigres représentations sur le monde.

Il en va de même quand les adultes écrivent sur des personnages plus intelligents qu’eux: ce sont souvent des projections assez éloignées de ce que pourrait être la réalité de tels esprits. En l’occurrence, Stan Lee, le créateur des Marvels, devait probablement ignorer complètement ce qu’est le malthusianisme (la théorie de Malthus qui dit il y a plus d’un siècle que les humains sont déjà trop nombreux sur terre vis à vis des ressources disponibles et qu’il faut donc contrôler les naissance ou ça sera la catastrophe) et c ‘est ce qui fait que la vision du mon de Thanos est profondément simpliste. Sans doute que celle de Stan Lee l’était probablement aussi. A moins qu’il ait juste voulu trouver une motivation à « son grand méchant », en renonçant à la cohérence psychologique au bénéfice du spectacle, ce qui ne serait guère mieux.

***

Thanos est face à un constat: les êtres vivants ont tendance à se reproduire autant que possible (c’est leur fonction, transmettre leurs gènes) et ce au détriment du milieu dans lequel ils vivent, ce qui conduit à la progressive destruction de leur milieu (dit-il).

Sa solution, c’est pas de transmettre des connaissances, de crée une politique d’éducation et de sensibiliser les gens aux enjeux démographiques pour coopérer ensemble vers une exploitation durable des ressources disponibles dans l’univers… non lui sa méthode c’est de tuer au pif 50% des êtres vivants de l’univers pour diviser par deux la quantité de ressources utilisées.

Pourquoi c’est à côté de la plaque ? Parce que si la moitié des gens sont tués sans explication, bah ceux qui ont survécu vont faire des gosses à la pelle et un nouveau baby boom va faire qu’en quelques générations la population sera de nouveau deux fois plus importante.
C’est pourquoi le meurtre de masse sans politique d’éducation populaire n’est pas une méthode qui fonctionne sur le long terme, si son but est de limiter l’impact écologique des êtres vivants de l’univers. Le fait que Thanos n’ait pas compris cela prouve qu’il ne comprend pas trop comment guider des populations de manière efficiente.

***

Thanos pense être « le gentil », l’homme providentiel qui est suffisamment courageux pour assumer le rôle de chevalier noir, que tout le monde déteste, alors qu’il fait « le bien ». Il pense que le sacrifice de 50% des êtres vivants est un « mal nécessaire » et que, puisque la fin justifie les moyens, c’est une solution viable. Pour lui, il est légitime de tuer la moitié du vivant si cela permet d’assurer à l’autre moitié un meilleur avenir.

Non seulement ce n’est pas légitime en soi (uniquement légitime à ses yeux à lui), mais en plus, ça ne permet même pas d’obtenir ce qu’il souhaite, pour les raisons expliquées au dessus…

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Pourquoi les Avengers sont pas mieux

Face à « la menace de Thanos », les Avengers ne cherchent pas une seconde à s’intéresser aux besoins qui motivent ses actions, ils ne cherchent pas une seconde à analyser la situation.
Mus par leur circuit court de la récompense, système 1 (ou le cerveau émotionnel), animés par l’angoisse de voir 50% de la vie détruite, ils cherchent, tel l’éclair qui trouve le chemin le plus court pour rejoindre le sol, à neutraliser le menace aussi rapidement que possible. Et tant pis si cela se révèle contre productif sur le long terme.

Pour eux tout se passe comme si l’univers était en feu, que c’est Thanos qui était la cause de l’incendie, et qu’il fallait se transformer en pompier pour l’éteindre aussi vite que possible afin d’éviter que 50% des humains ne disparaissent.

Le problème, c’est que Thanos n’est pas la cause de l’incendie, Thanos n’est qu’un symptôme d’un système complexe qui l’a produit. Thanos ne fait pas ce qu’il fait parce qu’il est intrinsèquement méchant, il le fait parce qu’il est persuadé que c’est la meilleure chose à faire pour satisfaire ses besoins. C’est la meilleure chose qu’il pourrait faire à partir des informations dont il dispose et de ses compétences pour donner du sens à ces informations.

Ca, les Avengers s’en foutent, car ils ne cherchent pas à comprendre ce qui à fait que Thanos voit le génocide de masse comme la meilleure stratégie possible.
Les Avengers ne sont pas des politiciens, des médiateurs de conflits. Ce sont des combattants, des soldats, une sorte de militaires Hi-Tech à qui on ne demande pas de réfléchir ou de comprendre, juste de vaincre les méchants.

« L’ennemi est con, il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui. »
Pierre Desproges

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En réalité, leur méthode de résolution du conflit ne peut que laisser la place à l’émergence d’un Thanos 2.0, encore plus puissant, encore plus « intelligent ». Si leur seule méthode est la violence et la mort (a la fin de Endgame, ils tuent des milliers d’êtres vivants incluant Thanos), alors tout ce que cela enseigne aux méchants en puissance, c’est de rester dans l’ombre jusqu’au jour ou ils auront les moyens de surpasser la puissance des Avengers pour aller plus loin encore que Thanos dans la destruction inconséquente.

La peine de mort, ça n’a jamais empêché les criminels de tuer. Ça leur a juste appris à tuer en évitant de se faire prendre, dans un système qui a les moyens techniques de les neutraliser.

***

Du reste, Tony Stark résous le conflit mimétique en utilisant exactement la même méthode que Thanos, la domination par la violence : il claque des doigts pour tuer toute son armée d’un coup. Ce faisant, il va dans le même sens que Thanos. Ses actes enseignent au monde que le génocide de masse est une stratégie légitime à laquelle on peut recourir en dernier recours pour résoudre un conflit.
Par cet exemple, il ne peut que donner envie à d’autres personnes de faire la même chose pour servir leur propre vision subjective du bien commun.

 

Dépasser le mythe de la violence légitime

Ainsi donc, le problème de ces films hollywoodiens, c’est qu’ils enseignent à peu près toujours la même leçon: La violence est une méthode légitime pour satisfaire ses besoins, pour neutraliser ceux que l’on perçoit comme étant les méchants de l’histoire. Et ça me fait mal de le dire mais même les chefs d’oeuvre comme Matrix tombent dans le même travers et sont dans l’incapacité de dépasser mythologiquement le conflit mimétique autrement qu’en ayant recours à la violence.

Il existe bien quelques exceptions, qui feront l’objet d’un article à part entière sur ce blog (que j’ai déjà en brouillon depuis des mois en réalité):
– Moana de Disney (pas de méchant, juste des humains qui font des erreurs)
– Hotel Transylvanie (pas de méchant, juste des gens qui ont peur les uns des autres)

(Si vous avez d’autres exemples ça m’intéresse beaucoup)

Aussi, pour finir cet article, je vous propose de développer un peu cette image de Léti Gribouille.

Et pour ceux qui pensent que c’est culcul bisounours, je vous propose qu’on en discute en commentaire en dessous si vous avez l’élan de mettre des mots sur ce que vous ressentez.

***

1) Visiter le cœur de l’autre

Première étape, donner de l’empathie. Cela implique bien sur d’en avoir les moyens, et il est fort probable qu’on ait d’abord nous-même besoin de recevoir de l’empathie face à ce qui nous anime.

Le réflexe de système 1, le circuit court de la pensée, est physiologique. C’est normal d’avoir un élan spontané d’agressivité envers ce qui nous met en danger, nous et ce qui a de la valeur symbolique à nos yeux.
L’enjeu ici, c’est de mettre aussi vite que possible « ses oreilles de girafe », c’est à dire arrêter de ne voir que ce que l’autre dit ou fait, mais avant tout ce qu’il ressent et ce dont il a besoin.

C’est pour cette raison pour laquelle Özlem Cekic propose de boire un café avec les gens qui lui envoient des mails haineux. Car elle est convaincue que c’est la meilleure chose qu’elle puisse faire pour désamorcer les conflits: se rejoindre sur les besoins communs, et crée de la coopération. Selon elle, c’est ainsi qu’on peut assainir la démocratie. C’est aussi ce qui a poussé Lê à crée sa série de vidéos sur le thème « Débattons mieux » qui va aussi venir souvent en filigrane au fil de mes articles.

Visiter le cœur de l’autre, c’est s’intéresser à ce qui est vivant en lui. C’est le rejoindre pleinement et totalement là ou il est, surfer sur la vague de ses émotions, et identifier les besoins qu’il essaie de satisfaire à travers ses actes et ses paroles.

Cela peut consister en le fait de poser des questions ouvertes pour vérifier qu’on est bien connecté à ce qu’il vit, ou si on est  un peu à côté, auquel cas on pourra ajuster notre qualité de présence aux feed-back qu’il nous renverra.

***

Exemple de dialogue fictif avec Thanos, selon le processus de la CNV :

« Quand je vois que tu es prêt à tuer 50% des êtres vivants de l’univers, je me dis que tu dois être vraiment très en colère vis à vis de la manière dont les populations utilisent les ressources à leur disposition. Et tu dois avoir le sentiment que c’est profondément irresponsable et irréfléchi. Tu dois avoir l’impression qu’on cours à la catastrophe si on ne fait rien, est-ce que c’est ca? »

Bah ouais, Sherlock, c’est dans le script. 

« Et je vois que tu te sens responsable de l’avenir de l’univers, de par ta position tu es convaincu qu’il faut que tu intervienne dans la mesure de tes moyens, pour éviter de voir le vivant s’auto-détruire bêtement comme des bactéries dans une boite de pétri. Tu pourrais pas supporter d’être un spectateur impuissant de la destruction du vivant par le vivant, et du coup tu es prêt à tous les sacrifices pour changer le cours de l’univers… »

Voila. Je suis prêt à tout sacrifier pour éviter ce scénario catastrophe là. C’est devenu l’objectif de ma vie. 

« Je comprend. Par tes actions, tu as le sentiment que ta vie a du sens, tu es un peu comme Jésus qui sacrifie sa vie pour racheter les péchés des hommes. Toi, par ton sacrifice, tu veux apporter un nouveau message au monde. Tu veux leur dire qu’ils se doivent d’être vigilants à leur manière de consommer, de faire des enfants, car s’ils sont trop nombreux, des gens comme toi émergeront et seront prêts à tuer des milliards d’individus. Des gens comme toi, pour qui la vie est sacrée, et qu’il faut protéger à tout prix, même si le prix est le sacrifice non consenti de la moitié de toutes ces vies. Tu as le sentiment que si les êtres vivants restant ont peur de revivre un massacre de masse, ils seront plus prudents, et donc que tu auras contribué à préserver la vie sur le long terme, est-ce que c’est ça ? »

En gros, oui. 

« Donc pour résumer, tu es en colère et inquiet de la manière dont les êtres vivants fonctionnent aujourd’hui dans l’univers. Et tu aurais besoin de sécurité quant au fait qu’ils en vont pas s’auto-détruire bêtement en faisant des gosses jusqu’à épuisement des ressources. Aussi, tu es prêt à réaliser un génocide de masse pour maintenir les gens dans la peur et ainsi, les aider à adopter un comportement plus durable dans leur utilisation des ressources naturelles. Ce projet est devenu ce qui donne du sens à ta vie, ce pourquoi tu as tout sacrifié, ce qui montre la grande valeur symbolique que au attribues à cette stratégie. 
Est-ce que tu veux ajouter quelque chose pour nuancer ou tu as l’impression que j’ai bien compris ta position? »

Je vois pas bien ou tu veux en venir avec ton blabla. Ca me parait clair, ma position, et rien de ce que tu pourras dire ou faire ne me fera changer de cap. I AM INEVITABLE. Si tu veux m’empêcher d’agir, tu devras me tuer. Comme Superman a tué le général Zodd dans Man of Steel. Quand le sens de notre vie tourne autour du fait de tuer des gens, ce n’est pas rationnel. Et aucun argument rationnel ne me fera changer d’avis. 

« Oui, je sais bien que ce n’est pas avec des arguments rationnels que tu changeras d’avis. Ta démarche est une démarche mythologique, pas une démarche scientifique. Je cherche pas à te convaincre que tu as tort, je cherche juste à entrer en relation avec toi. Du coup, si tu es ok, ce que je te propose maintenant que j’ai écouté ce qui était vivant en toi, c’est de t’exprimer ce qui est vivant en moi, et qu’on en discute après. C’est bon pour toi ? »

Whaterver man… 

***

Comme vous le remarquez, Thanos dans ce dialogue fictif ne me facilite pas la tâche, il est sur la défensive, il tient une posture rigide. Et si je devais avoir ce dialogue dans le monde réel, j’aurai probablement besoin de beaucoup d’auto-empathie pour conserver mon élan à être en lien avec l’autre, sans me laisser envahir par le stress et retomber dans un mécanisme de système 1 ou mes paroles visent à me crée de la sécurité et plus à me mettre en lien empathique avec l’autre.

Si je choisis de visiter sa colline, c’est à dire de m’intéresser à son point de vue à lui en premier, c’est en tenant compte d’un des principes fondamentaux de la CNV:

« Conect before correct »

L’idée c’est qu’une personne a d’abord besoin de recevoir l’empathie dont elle a besoin, se sentir rejointe ou elle est, avant de pouvoir s’intéresser à d’autres points de vue que le sien, avant de pouvoir acquérir de l’information susceptible de contribuer à la faire évoluer. Elle a d’abord besoin de se sentir en sécurité dans la relation avant d’envisager de se laisser transformer par elle. 

 

2) Exprimer ce qui nous anime 

Bon, je comprend mieux pourquoi tu en es arrivé à de telles extrémités, et ta violence est à la mesure de la grandeur de ton aspiration à voir les êtres vivants êtres épanouis et heureux sans avoir à s’inquiéter de leur avenir en terme de ressources. Je peux facilement me connecter à la beauté de cette aspiration qui t’anime, car pour moi aussi c’est important de contribuer dans la mesure de mon énergie à protéger le vivant de ce qui menace sa sécurité sur le long terme.

Et en même temps, je peux pas valider la stratégie que tu as mis en place pour crée cette sécurité, car le génocide de masse me semble contre productif pour arriver au résultat que toi et moi on souhaite tous les deux voir émerger: soit une vie qui prend soin d’elle-même sur le long terme.

Je dis oui a tes besoins, et je dis non à ta stratégie. 

J’ai l’expérience que la peur, qui est ton outil de contrôle des foules principal dans cette affaire, ne soit pas un levier suffisant pour « responsabiliser » les êtres vivants de l’univers, et que  les générations suivantes n’en tiennent pas vraiment compte et agissent comme si tu n’avais jamais existé, comme si ce génocide de masse n’avait jamais eu lieu. Que son impact soit négligeable sur le long terme.

Un peu comme le drame des deux guerres mondiales au XXe siècle sur Terre. Cela a marqué les générations qui les ont vécu, mais pour les générations suivantes, ce n’est qu’une histoire qu’ils ont lu dans des livres, au même titre que l’empire romain ou les guerres de Star Wars. Ce sont des narratifs qui n’ont qu’un faible pouvoir motivationnel dans leur chair.
Ce que je crains, c’est qu’un génocide de masse n’ait d’impact que sur la génération qui le subit, et à la rigueur la génération suivante. Et que par la suite, la vie reprenne le dessus et continue à se reproduire autant que possible, car c’est la fonction des êtres pluricellulaires. Transmettre leurs gènes.

Par ailleurs, je me questionne sur l’exemplarité de la démarche. Si on tue 50% des gens parce qu’on pense que c’est la meilleure chose à faire, qu’est-ce qui empêche un autre individu plus tard de se raconter l’histoire que « le problème c’est les humains » et de tuer 100% des humains pour assurer au reste de l’univers un avenir meilleur ?

Il est facile de trouver un bouc émissaire à sacrifier en se racontant l’histoire que cela va résoudre tous nos problèmes, mais est-ce que cela va réellement résoudre nos problèmes sur le long terme ?
Ce qui fait que je ne suis pas d’accord avec ta stratégie, c’est que ce qui légitime la violence repose toujours sur des fondements arbitraires. La violence « absolument légitime » n’existe pas, elle est toujours « légitime relativement à un certain narratif sur le monde ».
Du coup, je ne suis pas très confortable avec l’idée de légitimer le génocide de masse de la moitié de la vie de l’univers à partir d’un simple narratif qui se fonde sur des postulats arbitraires.
Par ailleurs, cette solution ne prend pas en compte mon besoin d’harmonie et de respect qui fait que j’accorde beaucoup d’importance au fait de prendre en compte la volonté des altérités, et d’éviter autant que possible d’avoir recours à la coercition et au sacrifice. 
J’aimerais donc qu’on trouve une autre solution pour prendre en compte à la fois tes besoins et les miens, ainsi que ceux des 50% d’individus que tu t’apprête à sacrifier tels de simples bouc émissaires pour accomplir ton mythe personnel.

J’aimerais savoir c’est comment pour toi ce que je te dis la ?

Thanos: Hmmmm… 

***

Ici, je tiens à préciser que peu importe à quel point vous êtes doué, éloquent ou pertinent dans votre analyse, ce n’est pas ca l’important. L’important, c’est de vérifier que l’autre a bien compris le sens de ce que vous êtes en train de lui dire. Il est très facile de ne pas se comprendre, ou que sa manière de vous écouter ait déformé plus ou moins intensément le contenu que vous venez de lui exprimer.
Il ne faut donc pas hésiter à prendre le temps de vérifier que l’autre a bien compris ce qu’on disait, quitte à lui demander de répéter, de reformuler, pour voir s’il interprète ou s’il a bien saisi l’idée qu’on exprime.

Comme je le disais au dessus, ce n’est pas avec des arguments rationnels que Thanos pourra changer d’avis, c’est en l’aidant à se connecter avec empathie aux individus qu’il s’apprête à sacrifier, précisément parce qu’il ne les voit pas comme des individus.  Et une manière de l’aider à se connecter à ces individus, c’est dans un premier temps de l’aider à se connecter à moi, pour commencer. A voir en moi davantage qu’un simple interlocuteur lambda qui s’agite, mais un être avec des sentiments et des besoins, comme lui, et qui a envie de coopérer pour qu’on envisage ensemble d’autres alternatives que le génocide de masse pour qu’il puisse atteindre son objectif.

Car au fond, Thanos ne veut pas tuer des gens pour le plaisir de tuer des gens. Le génocide n’est pas une fin en soi, juste une stratégie pour nourrir ses besoins de sécurité et d’harmonie dans sa relation au monde.

 

3) Passer de la coercition à la coopération

Bon, mon cher Thanos, si on pouvait trouver ensemble une stratégie qui permet à la fois de préserver la vie dans l’univers, sans pour autant avoir à tuer qui que ce soit, est-ce que cela t’intéresserait ?

Thanos: C’est impossible. 

J’entend que tu aies du mal à l’envisager, je me doute que si tu es aussi intelligent que les gens le disent sur Wikipédia, tu as essayé d’autres choses avant d’en arriver à cet extrémité là. Toutefois, en admettant que c’était possible d’avoir un résultat au moins aussi bien, sans pour autant tuer des gens, est-ce que tu serais partant ? Est-ce que tu serais ok pour tenir compte de mon besoin de respect si on arrive à trouver une autre solution ?

Thanos: Ben, si c’était possible, oui. 

Bien. C’est ce que j’espérais entendre de ta part. Est-ce que tu es ok pour qu’on essaie d’y réfléchir ensemble, avant de conclure a priori que c’est impossible alors que, personnellement, j’ai pas l’impression qu’on ait tout essayé.

Pour commencer, qu’est-ce que tu pense de l’éducation populaire ? 😉

***

Marshall Rosenberg dit que lorsqu’il y a un conflit entre des individus au sujet de leurs stratégies, dès lors que chacun des parti a bien compris ce dont l’autre partie a besoin, il ne faut jamais plus de 20 minutes pour trouver une nouvelle stratégie qui convienne a 100% a tout le monde.

Ici, c’est un exemple fictif ou je parle avec un personnage imaginaire qui n’a aucune cohérence narrative. La question importante, c’est de savoir si cela marche dans le monde réel, cette méthode en trois étapes ?

Mon expérience, c’est que cela marche formidablement bien à condition que l’ont ait des capacités de méta-cognition, notamment en distinguant nos besoins et les stratégies que l’on élabore pour satisfaire ces besoins. Une personne qui ne parvient pas à distinguer le fait qu’elle ai soif du fait qu’elle consomme du vin pour se désaltérer aura du mal à envisager de boire de l’eau pour étancher sa soif (c’est pas un super exemple mais c’est le premier qui m’est venu).

***

Et vous, comment auriez vous fait pour essayer d’éviter que Thanos ne tue 50% des êtres vivants de l’univers ? 

Que pensez vous du mythe de la violence légitime hollywoodien, et de l’alternative que je vous propose ? 

Comment pourrait-on faire pour prendre soin de la vie dans l’univers sur le long terme et éviter qu’elle ne s’auto-détruise par incapacité à fonctionner de manière durable ? Et est-ce réellement un problème, d’ailleurs, si la vie disparaît, et pourquoi ? 

***

 

Conseils de lectures sur le sujet :

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Un commentaire sur “Pourquoi Thanos est à côté de la plaque et pourquoi les Avengers le sont aussi: Dépasser le mythe de la violence légitime avec la CNV

  1. * »Et vous, comment auriez vous fait pour essayer d’éviter que Thanos ne tue 50% des êtres vivants de l’univers ? « *

    Tuer Thanos.

    (le mec qui a rien compris mdr)

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