L’amour et la douleur, deux amants inséparables

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J’ai longtemps cru et dit à qui voulait l’entendre que « la souffrance, la peur, la jalousie, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’absence d’amour », parce que j’avais cette vision spirituelle et idéalisée de l’amour qui en faisait une étoile immaculée, irradiant de lumière et sans tâche.
Mais c’était faire l’erreur de partir du monde des idées pour tordre les faits en fonction de ces idées, plutôt que de partir des faits pour en arriver à élaborer des idées qui donnent du sens à ces faits.

C’est une chose de disserter sur un sujet, c’en est une autre que d’en faire l’expérience. Je sais, c’est agaçant d’entendre ça. Vous n’êtes d’ailleurs pas obligé de me croire sur parole, je ne prétend pas dire « la vérité », je cherche juste à exprimer ma réalité, celle que j’ai construire à partir de mon expérience et des informations dont je dispose sur le monde.

Dans mon expérience, l’amour est toujours associé à de la douleur. Parce qu’aimer, c’est avoir quelque chose à perdre. 

J’ai toujours dit, et ça je continue à le dire, que la seule manière de n’avoir rien à perdre c’est de n’aimer personne, même pas soi même. Ainsi, personne ne peut nous atteindre, personne ne peut avoir du pouvoir sur nous. Si ni notre vie ni nos relations aux autres n’ont de valeur, alors il n’y a rien à nous prendre, nous n’avons plus de limites.

Aimer, c’est donner à l’autre le pouvoir de nous faire mal. C’est se rendre vulnérable, c’est exposer son cœur à l’autre, à ses jugements. C’est risquer que ce cœur soit brisé, et croire qu’il ne le sera pas. Parfois c’est aussi rester avec son cœur brisé, par amour, depuis l’espace de la conscience, l’éternel printemps depuis lequel ce que je suis ne peut pas être brisé.

***

C’est à mon sens par manque d’expérience de l’amour que j’ai pu dire pendant des années que l’amour entre deux êtres humains était immaculé. Et que tout ce qui faisait souffrir, tout ce qui était inconfortable dans une relation était autre chose que de l’amour.
Pour cette raison, j’ai longtemps méprisé la peur de perdre autrui, la jalousie, que je voyais comme un manque de confiance en soi, en sa capacité à plaire à l’autre, à être aimé de l’autre, à garder l’autre auprès de soi.
Est-ce que ce mépris m’a aidé à me rendre la vie plus belle, a aidé autrui à se rendre la vie plus belle? Non, en fait cela n’a fait que dresser un mur entre moi et les autres, entre mon esprit et mon cœur. Cela n’a fait que me couper de l’amour qui est en moi, paradoxalement.
En me plaçant en juge qui détermine avec mon intellect ce que c’est que l’amour, je me coupais de l’amour en tant qu’expérience émotionnelle, qui lui donne pourtant sa saveur.

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Parce que je t’aime, je souffre. Je souffre de te voir souffrir, je souffre de ton absence, je souffre quand je ne suis pas en lien avec toi parce qu’être en lien est ce qui contribue à donner du sens à ma vie. Plus mon amour est intense, plus la souffrance l’est également, quand les circonstances ne me permettent pas d’être en lien avec toi. 

Aimer ne peut pas être une contrainte, cela ne peut qu’être un acte libre, un élan du cœur. L’amour, c’est faire le choix de lier son bien être à celui de l’autre. C’est renoncer à l’autonomie pour s’attacher à l’autre, renoncer à la liberté de s’abstenir de sa présence dans notre vie. C’est une forme de dépendance, un peu comme on serait dépendant de l’oxygène pour pouvoir vivre.

***

La liberté est donc très précieuse parce qu’elle est ce qui rend possible l’amour, toutefois être totalement libre est impossible. Etre libre, c’est choisir ses chaînes, les chaînes qui rendent possible une relation qui prend soin des besoins de sens et de sécurité de chacun. Ce n’est pas toujours facile, mais cela peut en valoir la peine, pour le savoir, il faut en faire l’expérience.

Aimer, c’est accepter librement de souffrir, parce que cette souffrance a du sens. C’est accepter l’inconfort pour pouvoir vivre quelque chose de plus grand sur le long terme, qui nous enrichit spirituellement.

Aimer, c’est renoncer à se représenter le monde comme un environnement ou les autres sont des personnages fonction remplaçables, et choisir de faire face aux obstacles qui nous empêchent d’être en lien avec la personne à laquelle on est attachée, l’élue de notre cœur. C’est avancer ensemble, liés, dans la même direction.

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