Eurus n’est pas le démon de Laplace. Puisqu’elle ressent la peur, elle est un être humain.

Nos ennemis, ce sont l’ignorance et la mauvaise mémoire

Je me suis réveillé ce matin avec l’envie irrépressible d’écrire un article imbitable. Et je me réjouis d’avance à l’idée que certains ne le trouve en fait pas du tout imbitable.

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The truth is simple : Everything is love. Love is all there is. Steven C Hayes said that quite well during his TED talk : « Love is not everything, it is the only thing ».

Yeah, that simple truth can change the world, can change your world, reader. Because it is the most important truth to understand.

But to understand this, you will have to travel during a very compex trip, and I don’t want to be your guide, so you will be on your own. See you later, inch allah, like they say.

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Le démon de Laplace ne ressent pas la peur, car ce qui génère cette émotion, c’est le fait de ne pas savoir ce qui va advenir. Celui qui, comme Dieu, est omniscient, ne peut pas être surpris par le futur. S’il s’avérait que cette personne devait mourir, par exemple, elle le saurait depuis longtemps.

Ce qui fait peur, c’est ce qui nous échappe, ce qui ne dépend pas de nous, c’est ce sur quoi nous n’avons pas de contrôle. Et par « nous », je désigne ce à quoi on s’identifie, car tout ce à quoi on s’identifie possède des limites.

 

L’ignorance est le premier problème

J’ai toujours détesté le film Donnie Darko pour des raisons fort peu rationnelles : dans ce film, il y a un passage ou Donnie entre en conflit avec son professeur au sujet du spectre des émotions. La professeur cite un auteur qui dresse un continuum allant de la peur à l’amour, ou les élèves doivent situer l’état émotionnel d’individus dans un contexte donné sur ce continuum.
Donnie refuse de participer car selon lui, «[ce continuum est trop simpliste et ne reflète pas la réelle complexité des émotions humaines permettant de comprendre ce qu’à ressenti la personne dans son contexte] ».
On nous a passé ce passage en cours d’anglais à la fac pour nous faire réfléchir sur cette notion de spectre émotionnel, c’est là que je l’avais découvert.

Aujourd’hui, bien que je reconnaisse la pertinence de sa remarque, je trouve que Donnie est avant tout un idiot qui n’a pas compris qu’il était tombé dans un conflit mimétique (exactement comme moi, de manière ludique, au moment ou j’écris ces lignes), il n’a pas compris que tous les modèles sont faux, il confond la carte et le territoire, par ignorance.

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L’ignorance, c’est ce qui crée des erreurs de prédictions, ce qui nous fait dénigrer la carte des autres. C’est aussi ce qui nous fait dénigrer certains aspects de nous, puisque nous avons en nous plusieurs cartes qui cohabitent.
Une carte n’est jamais qu’une représentation du monde, et nous pouvons en avoir plusieurs en nous même, pourquoi pas ? Le simple fait d’avoir la possibilité de les considérer suffit à les intégrer à notre boite à outils. Ce n’est qu’un mèmeplexe qui a su se répliquer jusque dans notre cerveau, révélant alors qu’il possède « une certaine forme de fonctionnalité », c’est-à-dire, une certaine capacité à résister à la sélection naturelle. Etre considéré digne d’être mémorisé et manipulé par le cerveaux d’homo sapiens, c’est tout ce dont a besoin une carte pour exister.

L’ignorance est ce qui nous enferme dans le conflit mimétique, et qui nous fait dire « non » à ce qui Est.

 

La découverte de la solution

L’ignorance est ce qui se trouve en amont de la connaissance. La connaissance, c’est ce qu’on incarne après avoir compris que tout est amour.

Quand on a découvert que tout ce qui se meut est l’expression de la vie, au-delà de la dualité du langage chacal. Au-delà même de la dualité entre carte et territoire. Alors, nous pouvons goûter la pleine présence, faire l’expérience de Dieu, instant après instant.

« Toute violence est un cadeau mal emballé »

Cette phrase (de Padovani) semblera absurde à toute personne qui n’a pas découvert la solution, et une évidence amusante pour qui l’a découvert. Découvrir, c’est cela : retirer le voile de l’ignorance qui fait obstacle à la vérité de l’Etre. C’est l’apocalypse, qui ouvre la porte du paradis, instant après instant. Même ce texte n’est qu’une expression tragique d’une vérité universelle : je suis, et j’ai besoin d’amour.

Découvrir la solution, c’est commencer à faire l’expérience que nous sommes déjà au paradis, que nous y avons toujours été, et que nous y seront toujours. L’enfer, c’est la prison de notre imaginaire. La solution, c’est acquérir la capacité de défusion de cet imaginaire qui permet d’entrer en relation avec ce qui Est.

La solution, c’est quand la violence n’existe plus dans notre expérience phénoménologique du monde, où alors seul existe l’amour.

 

L’oubli est le deuxième problème

Cependant, découvrir la nature de l’Etre n’est pas une fin en soi, car encore faut-il se souvenir de ce qu’elle est. Et c’est à ce moment que nous nous confrontons le plus souvent à nos limites d’êtres humains incarnés dans un corps : Nous avons été conditionnés à croire que la violence existe, et notre cerveau, cet organe paresseux, a toujours le réflexe de croire qu’elle est omniprésente.

« Couper la réalité en deux est le réflexe préféré de notre cerveau », disait Dany. Je crois bien qu’il a raison. Nous ne pouvons pas éviter la première flèche de la douleur de l’instant premier face à la stimulation de notre système limbique (ça c’est plus ou moins Bouddha qui le disait), seulement la deuxième flèche de la souffrance, celle tirée par notre imaginaire, celle qui traduit le rejet de ce qui Est, le rejet de l’inévitable.

Alors, pour ne pas se retrouver de nouveau piégé dans l’enfer de l’oubli, il faut une bonne mémoire. Nous avons le réflexe d’oublier, mais on a aussi le pouvoir de se souvenir. Souviens toi que tout est amour, car à la seconde ou tu t’en souviens, tu es sauvé, de retour au paradis.

Souvent, tu écouteras le monde avec des oreilles chacal, qui croient que la violence existe. Il te suffit alors de remettre tes oreilles girafe, de tourner ton attention vers ce qui est vivant, et te voilà de nouveau main dans la main avec Dieu.

 

Jamais deux sans trois

En réalité, il existe un troisième problème, et c’est à ce problème que se confronte Eurus : La communion. La communion ne dépend pas de nous, et c’est en cela qu’elle est, en apparence, un problème.
Vivre ou ne pas vivre la communion échappe à notre volonté. Elle arrive, ou elle n’arrive pas. Et on ne peut pas faire le chemin à la place des autres pour qu’ils nous rejoignent au paradis. On peut leur montrer la voie, mais c’est à eux de l’emprunter, et cela échappe à notre contrôle.

C’est la différence entre l’homme et le démon de Laplace. La peur de ne pouvoir vivre la communion. C’est la seule chose au monde qui terrifie Eurus, ne pas vivre la connexion qui pourrait la rattacher à l’humanité. Être perçue sans être vue.

Quand on a découvert que tout est amour, que l’amour est ce que nous sommes, ce à travers quoi on aspire à être reconnu dans le regard de l’autre.
L’amour est ce qu’on offre, et ce qu’on aspire à recevoir. La relation d’amour devient le centre du monde autour duquel tout gravite.

Construire dans sa tour d’ivoire n’a alors plus aucun sens, et seul compte le fait de co-construire à travers la joie de la relation de cœur à cœur.

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C’est ce qui est rendu possible à travers sa relation avec Sherlock. Assurée de son amour, elle peut alors sortir du passé dans lequel elle était figée, et revenir dans le présent pour jouer ensemble la musique de l’amour.  

 

Un commentaire sur “Eurus n’est pas le démon de Laplace. Puisqu’elle ressent la peur, elle est un être humain.

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